CÉVENNES

CÉVENNES

CÉVENNES

Ensemble de hauteurs faisant partie du rebord oriental du Massif central et dominant la plaine du Rhône, les Cévennes sont situées entre le Vivarais, au nord, et les Causses, au sud et à l’ouest. Le relief se répartit en deux ensembles: au centre, les schistes forment les crêtes, déchiquetées en «serres» (longues et étroites lanières parallèles) par les averses méditerranéennes et par les torrents cévenols qui y prennent leur source — l’Ardèche, le Chassezac, les gardons, la Cèze, le Vidourle, l’Hérault —, sujets à des crues automnales brusques et violentes; au nord et au sud se trouvent de hautes surfaces granitiques, monotones et dénudées, accidentées de hauts blocs basculés: au nord, le mont Lozère (1 699 m), le Bougès, le Goulet; au sud, l’Aigoual (1 567 m), le Lingas, le Suquet. Ces hauteurs dominent le versant méditerranéen, raide et très découpé en serres. C’est un ensemble hercynien dont les éléments sont alignés sur la direction varisque sud-ouest - nord-est. Les Cévennes appartiennent à la zone climatique méditerranéenne: l’olivier remonte haut dans les vallées, l’automne connaît les terribles averses accumulant un mètre d’eau en vingt-quatre heures, succédant à un été si dépourvu de précipitations que les rivières sont à sec; les précipitations atteignent deux mètres par an. Pourtant les températures ne sont pas élevées: elles avoisinent 0 0C de novembre à avril, et s’élèvent à 18 0C en juillet; chaque année, il y a trois à quatre mètres de neige sur les sommets. À partir de 900 à 1 000 mètres, on trouve le hêtre et le châtaignier.

Jusqu’en 1950 environ, les Cévennes étaient une zone peuplée, avec une densité de 50 habitants par kilomètre carré. La mise en valeur a débuté tôt: sur les «faïsses» (terrasses), on cultivait jusqu’à 800 ou 900 mètres la vigne, les céréales, les pommes de terre, on élevait bovins et ovins sur les landes et les broussailles, on engraissait des porcs, on exploitait les châtaigneraies; à partir du XVIIe ou XVIIIe siècle, la sériciculture se développe: chaque exploitation possède sa magnanerie et vend les cocons dans les centres textiles. Au XIXe siècle, la mise en exploitation du sillon houiller Alès-La Grand-Combe apporte un supplément d’emplois. Cette économie équilibrée a été détruite après la Seconde Guerre mondiale à la suite d’une série de difficultés: la sériciculture, après l’atteinte des vers à soie par la pébrine, concurrencée par l’Extrême-Orient, a disparu; l’agriculture de montagne, concurrencée par celle des plaines, n’est plus rentable; les châtaigniers ont la maladie de l’encre; le bassin houiller, qui produit du charbon impropre à la sidérurgie (on l’utilise pour la production d’électricité et de boulets pour le chauffage domestique), est en voie d’épuisement; la bonneterie traditionnelle doit se réadapter à des activités modernes. Des mesures ont été prises à la suite d’initiatives locales: plantations d’arbres fruitiers (pommiers), élevage de moutons pour la viande et de chèvres pour le lait, association de grosse mécanique, de fonderie de bronze, d’ateliers de charpentes métalliques et d’appareils sanitaires à Alès et La Grand-Combe, usine d’aluminium de Salindres, travaillant la bauxite de l’Hérault. Cette crise a entraîné une forte émigration. La densité est inférieure à 10 habitants par kilomètre carré dans les zones rurales; elle est plus élevée au voisinage des communes industrielles. La population est vieille, surtout dans les secteurs ruraux. Les services ont disparu avec le départ des travailleurs. Les villes restent de petits centres calmes, mais Florac (2 065 hab. en 1994), Saint-Jean-du-Gard (2 441 hab.), Anduze (2 913 hab.), Lasalle (1 007 hab.), Saint-Hippolyte-du-Fort (3 515 hab.), Alès (41 037 hab.) et La Grand-Combe (7 107 hab.) ont quelque importance.

Le tourisme constitue une nouvelle activité de la région, surtout depuis la création, en 1970, du Parc naturel national des Cévennes: 84 400 hectares entourés d’une zone périphérique de 236 000 hectares.

Cévennes
(les) région de France, en bordure sud-est du Massif central; 1 699 m au mont Lozère.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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